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    le mariage

    1ère  partie ?

    l'histoire véridique autant qu'héroïque de Jeannot, l'enfant de chœur quelque peu perturbé...


    Aujourd'hui, le mariage qui se déroule devant lui, est un peu particulier : le fiancé est un vague  cousin de Jeannot,  qui vient souvent à la  maison voir ses parents.
    Est-ce pour cette raison qu'il a été choisi pour être dans le choeur ?
    Et ce soir toute sa proche famille est invitée à l'apéritif...
    Le cousin leur  a présenté sa fiancée, Marie
    Elle est très belle...

    Pendant la cérémonie du mariage, Jeannot a présents à l'esprit des mots, glanés çà et là... parmi lesquels l'expression  "nuit de noces"... et quelques autres plus... réalistes.
    Alors sa prompte imagination vagabonde...
    Plus il  regarde la future mariée, plus il lui trouve d'attraits
    Sa robe légère laisse deviner des courbes émouvantes
    ...et sa jeunesse s'émeut effectivement...
    La cérémonie se déroule sans lui  !
    il est là physiquement bien sûr, accomplissant  automatiquement les gestes que l'on attend de lui... (et les copains peuvent toujours pallier une maladresse éventuelle).

    Il  plonge dans le mystère...
    Arrivent d'autres phrases venues des leçons de catéchisme...
    "oeuvre de chair ne désirera qu'en mariage seulement..."
    L'oeuvre de chair !
    Un vertige s'empare de son esprit
    Le mariage est donc un permis de... quoi, au juste ?
    Sur le banc des stalles, il se rapproche de son voisin Pierre
    Un ami, plus qu'un frère...
    il le connaît bien ! lui aussi est hanté par les mêmes images !
    ils savent bien sûr les différences anatomiques  entre les sexes mais pas grand-chose de plus...
    l'époque est très prude !
    Pierre désigne du regard "le chœur des Anges", sœurs, voisines, amies,  tout de blanc vêtues avec des ailes dorées attachées dans le dos, sagement alignées le long de la Sainte-Table...
    certaines observent les enfants de choeur en souriant, chuchotant et  se poussant du coude...
    Ils les intéressent
    Alors son trouble s'efface peu à peu, il reprend pied dans la réalité de son âge.

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    2ème partie ?

     se faire inviter au repas

    L’air soucieux, pauvre Jeannot, se dirige vers sa maison, il voudrait bien participer à toute la fête !
    et ce serait  pour lui l'image du bonheur...
    Mais il faut le gagner, ce n'est pas chose faite, il lui faut donc construire une tactique à fond !
    piquer un faire-part ? Facile dans sa tête…
    Presque autant qu'un billet au plateau de la quête... seulement un billet ne porte pas de nom
    mais une invitation ça n'a rien d'anonyme !
    Oublié dans un coin  il découvre un carton, modifier le nom serait-ce donc un crime ?
    un produit effaceur et le tour est joué !
    Pour copier, signer, notre ami est doué... sa présence au repas pose d'autres  problèmes ?
    il entrevoit déjà le stratagème... Convaincre ses parents, venus à l'apéro, de le laisser rester.
    Quand le pater boit trop, et c'est assez fréquent,  il est plein d'indulgence ...
    Et Jeannot  rejoindrait les doux jeux de l'enfance, passerait sous les tables, et l'oeil inquisiteur, essaierait d'attraper la belle jarretière…
    Bise ça lui vaudrait,  ou coup de pied dans  le  derrière… mais déjà il s'y voit nageant dans le bonheur
    et son cœur à tout va bondit dans sa poitrine.
    Le sourire revient il reprend bonne mine, il est content de lui, il a tout préparé.
    Il sera de la noce puisqu'il se l'est juré !
    de toute façon les contrôles, s'il y en a ne seront pas sévères !

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      3ème partie

      La rencontre des enfants

    Des enfants qui commencent à ressentir un peu ce que ressentent les grands...

    Adeline et Jeannot par cette  belle journée de printemps se rencontrent
    Jeannot de son côté va chantonnant l'air rêveur :

    « Adeline
    ma divine
    mon cœur
    ma copine
    quel bonheur
    je t'aime
    je t'aime »

      Adeline de son côté va chantonnant et sautillant :

    « Ô Jeannot
    t’es le plus beau
    je t'aime
    je t'aime
    je te fais
    mon bisou
    le plus doux"

    Et bien sûr, à la croisée des chemins,  ils se rencontrent… un peu gênés au début...

    -bonjour Jeannot !
    -bonjour Adeline !

    Ensemble :

    -tu te promènes ?  

    -tu te promènes ?  

    -oui...

    -oui...

     

    Adeline : on fait quelques pas… j’allais retourner et rentrer chez moi…

    Jeannot : j'allais te  proposer de te raccompagner un peu…

    Adeline : merci, Jeannot… tu es au courant pour le mariage ?

    Jeannot : oui, toi tu y seras sûrement...

    Adeline : bien sûr puisque c'est ma tante...

    Jeannot : moi je serai à la cérémonie à l'église

    Adeline : et après ?

    Jeannot : ben je sais pas trop...

    Adeline : tu voudrais en être

    Jeannot : bien sûr mais...

    Adeline : tu n'as pas été invité ?

    Jeannot : non mais je crois que je vais arriver à me faire inviter…

    Adeline : comment ? tes parents ?

    Jeannot : non, ils ne vont pas au repas ni à la fête, juste à l'apéro

    Adeline : dommage...

    Jeannot : pourquoi ?

    Adeline : j’aurais bien voulu y aller avec toi...

    Jeannot : moi aussi, mais je  vais me débrouiller...

    Adeline : c'est vrai tu viendrais avec moi ?!

    Jeannot : tu le sais bien !

    Adeline : oui on s'amuserait bien

    Jeannot : comme des fous !

    Adeline : oui mais  y aura peut-être des copains à toi...

    Jeannot : sans doute quelques-uns

    Adeline : tu sais je ne les aime pas beaucoup surtout un...

    Jeannot : ah bon ! qui ?

    Adeline : je te dis pas son nom 

    Jeannot : pourquoi tu l’aimes pas ?

    Adeline : mais il m'embête tout le temps...

    Jeannot : je crois savoir  qui c'est mais si je suis avec toi, personne t'embêtera !

    Adeline : tu sais, je vais dire à ma tante de t'inviter...

    Jeannot : mais si elle te demande pourquoi...

    Adeline : je dirai que dans le défilé, il me faut un cavalier

    Jeannot : tu es gentille mais...

    Adeline : dis rien ! ça marchera… mais promets-moi qu'à la fête, tu resteras avec moi !

    Jeannot : euh... oui... bien sûr...

    Adeline: t'as pas l'air très convaincu !

    Jeannot : mais si... mais si… 
    bon, je ne vais pas plus loin, je ne voudrais pas que ta mère nous voit

    Adeline : tu as raison, vite une bise…

     

    Et...

    Adeline s’en va de son côté pensant à son futur cavalier pour la fête… cavalier ?
    Pas seulement… un vague souvenir de leçons d’histoire… et de légendes

    son Chevalier
    son  Chevalier Blanc
    son Prince Charmant
    elle repart sautillant et chantonnant…

    Et... .

    De son côté Jeannot est pensif…
    quel est l’imbécile qui embête Adeline ?
    Il a une vague une idée mais… c’est un costaud
    et puis Adeline qui ne veut pas le quitter de toute la fête…
    il avait quelques projets… un peu différents…
    on verra bien...
    de toute façon, c’est pas encore gagné !

    Et il reprend la marche sifflotant...
    plus déterminé que jamais à être présent à toutes les étapes du mariage ! 

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    4ème partie

     le repas du soir de la fête

    tout va très bien

    du moins au début pour notre Jeannot
    puis ça se gâte...

    il a pu rester sans problème, personne ne lui a rien demandé
    surtout pas son père, bourré comme un caisse dès la fin de l'apéritif
    pas non plus sa mère trop occupée à rassembler son troupeau
    et à essayer de faire tenir sur ses jambes son vieil ivrogne de mari !
    quand les quatre musiciens qui ne connaissaient plus tellement la musique, (pour avoir déjà embouché trop de goulots ) ont commencé à jouer de couac en boum boum cacophoniques, le père de Jeannot voulait aller danser !
    sa femme, hurlait les gosses pleuraient (il est malade papa ?!) et lui gueulait comme un cochon qu'on égorge : "rien que ce paso-doble ! s'il te plaît ma Joséphine"  (hélas, Joséphine, c'était la gentille voisine) il avait même oublié le nom de son épouse ! (in vino veritas ?) !
    les gens qui entendaient, certains, ahuris se posaient des questions !
    d'autres qui rigolaient bruyamment ne se les posais plus, ces questions, ils étaient au courant depuis longtemps...
     Aïe Aïe Aïe !!! demain dans le quartier, va y avoir du grabuge, faïencerie et chaises volantes et tout à l'avenant...
     
    et notre Jeannot pendant ce temps ?

    il n'a pas perdu le sien de temps, il est allé retrouver Adeline mais ce fut rapide, à peine le temps d'un bisou et la maman de la fillette embarque tout son monde dans la charrette et "fouette cocher", son mari était malade, lui aussi ! (une sacrée épidémie dans le village décidément !)
     
    et Jeannot, tout penaud, reste planté au milieu du chemin , regardant partir sa Dulcinée...
    (pas de chance, mon petit !)
    il se dirige vers la table juste au moment  où commencent les enchères pour la jarretière que la toute récente mariée vient de mettre à l'encan !
    (Trop tard pauvre Jeannot coquin,  chaud lapin manqué)

    Jeannot s'en va vers sa maison, tête basse, tout marri, renfrogné...
    tout à coup il voit sur le passage Paul, le costaud qui embête Ombeline
    alors sans réfléchir Jeannot lui flanque une torgnole qui envoie l'autre  de cul dans le purin du fossé !
    Jeannot se dit "mince qu'est-ce que je vais prendre sur la coin de ma grande gueule !"
    mais non, pour notre Jeannot, c'est le  premier et dernier coup de chance de la soirée, le Paul se relève en pleurant et s'enfuit au galop et criant "maman,  il m'a battu, c'est un méchant, j'y avais rien fait, j'ai mal, maman, bobo ! "
    (c'était un faux dur)
    et Jeannot rassuré et roulant des mécaniques, rentre chez lui, se disant :" je n'ai quand pas tout à fait perdu ma soirée !"

     Fin de cette histoire
    sans aucune morale ?
    ne la cherchez pas, il n'y en pas

     

     


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